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Réalisation – Une table console ovale

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Par admin

Un plateau ovale et des pieds aux courbes très tendues apportent légèreté et élégance.

Toute réalisation nécessite une conception approfondie si l’on veut obtenir un objet alliant charme et fonctionnalité. Le dessin est le principal outil de conception. Dans la plupart des cas, un dessin en perspective permet d’évaluer les bonnes proportions et la fluidité des lignes ; pour les formes courbes, il faudrait plutôt parler d’une multitude de dessins… Notre choix s’est arrêté sur un plateau de forme ovale, consistant en un panneau intérieur en forme de losange entouré de quatre alèses dans lesquelles est découpé l’ovale. Pour renforcer le contraste entre cette forme intérieure aux arêtes rectilignes et la forme globale ovoïde, deux essences de bois sont utilisées : du sycomore pour le centre et du merisier pour la ceinture. La sveltesse de l’ensemble est apportée par la finesse des longs pieds (80 cm) aux courbes très tendues. Pour que le plateau garde sa légèreté, les pieds ne sont pas assemblés par une traditionnelle ceinture, qui aurait dû aussi être de forme ovale, mais par deux traverses assemblées en X et reliant les pieds opposés.

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Parties courbes

Pour réaliser les faces avant et arrière des pieds, ainsi que la partie basse des traverses qui sont courbes, vous devrez dessiner ces pièces à l’échelle 1. Pour obtenir une courbe régulière, on peut utiliser une règle souple fixée à chaque extrémité de la partie courbe par une pointe. La torsion plus ou moins importante de la règle en son milieu permettra d’obtenir une courbe plus ou moins tendue. Le dessin sera ensuite reporté sur une plaque de MDF de 6 mm qui servira de gabarit. Le gabarit est réalisé à la scie à ruban, munie d’une lame à chantourner, puis il est poncé pour lisser la courbe et éliminer toute discontinuité. Une toupie et un rouleau calibreur ont été utilisés pour former ces courbes. Cependant, la section est suffisamment étroite pour permettre l’utilisation d’une défonceuse sous table munie d’une fraise à copier. Dans les deux cas, la forme est d’abord chantournée à la scie à ruban en laissant du « gras » (surcote). Pour l’opération suivante, de calibrage, un montage est nécessaire. Ce montage consiste en une plaque de MDF de 19 mm, le profil souhaité étant recopié sur un de ses chants, sur laquelle la pièce peut être fixée grâce à des cales et des sauterelles. Le report du profil s’effectue grâce au gabarit que l’on visse sur la plaque et qui sert alors d’appui au roulement à billes du calibreur. Le roulement à billes du calibreur viendra ensuite glisser en appui sur le profil de la plaque et ainsi usiner la partie cintrée de la pièce. Montage et pièces sont donc usinés de la même manière. À défaut, les pièces peuvent être chantournées plus finement et finies au wastringue à fer plat.

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Réalisation du piètement courbe et gainé

Chaque pied, gainé sur toute la hauteur de ses deux faces latérales, mesure 80 cm de long. Les deux autres faces sont également cintrées, mais avec des courbes différentes, la courbe de la face extérieure étant plus prononcée. La courbe intérieure, laissant le haut de pied droit, part à 100 mm du haut du pied, et s’étend jusqu’à la base de section carrée 20 x 20 mm. Ce déport de 100 mm permet d’avoir un arasement droit avec la traverse. Chaque pied est d’abord corroyé à une section 60 x 35 mm et des mortaises de 8 mm sont usinées dans la partie haute pour accueillir la traverse. Vu la faible section des pièces, il est préférable d’effectuer les mortaises soit à la mortaiseuse à bédane carré, soit sur table avec une mortaiseuse en bout d’arbre de dégauchisseuse. Si ce travail est effectué à la défonceuse, les quatre pieds seront alors réunis par serrage afin d’obtenir une surface d’appui suffisante pour la stabilisation de la semelle de la défonceuse. Chaque pied sera alors usiné séparément, à l’aide du guide parallèle qui prendra appui sur une de ses faces. Pour l’usinage des deux faces courbes, les deux profils sont copiés sur les deux chants de la plaque du montage d’usinage, qui doit être de dimensions importantes pour pouvoir maintenir fermement le pied, et offrir suffisamment de dégagement en vue de pousser le tout devant le calibreur sans danger. L’usinage peut s’effectuer en deux passes légères, en commençant par la partie haute du pied. La partie basse du pied est maintenue par une cale, qui sert aussi de pare-éclats pour la sortie de pièce. Le gainage est ici aussi réalisé au rouleau calibreur, le profil du gabarit étant cette fois-ci rectiligne. La base du pied est alors décalée du gabarit vers l’extérieur, jusqu’à obtenir la section carrée désirée. Pour caler le pied sur le gabarit, on peut se servir des chutes de courbes obtenues lors du chantournement des faces courbes… Texte et photos : Emmanuel Batut Réalisation : Franck Le Goer Cet article vous intéresse, retrouvez-le dans votre magazine :

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